Fred a plongé, comme tant d’autres, dans le poème-fleuve de la mythologie, sa puissance imaginaire qui a peu d’égal, son miroir tendu vers notre monde, nos désirs et nos intimes métamorphoses. Les mythes, même les plus cruels, ont parfois aussi ce doux pouvoir de réenchanter la matière. En 2026, pour le festival des Arts du récit à Grenoble, il a proposé 4 formes d’environ 45 mn chacunes, qui se répondent mais peuvent être présentées individuellement.
Sa manière : raconter cela avec une pincée de nonsense, dans le souvenir de son admiration pour Alexandre Vialatte, pour pouvoir rire des dieux, de nous-mêmes et de notre temps.
Photo : Etienne Gonnaud
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Persée, la légèreté
« Chaque fois que le règne de l’humain me paraît condamné à la pesanteur, je me dis qu’à l’instar de Persée, je devrais m’envoler dans un autre espace (…) considérer le monde avec une autre optique » écrivait Italo Calvino dans la première de ses « conférences américaines ».
Fils de Danaé et de Zeus, Persée, pour protéger sa bien-aimée maman fait une promesse bien présomptueuse : ramener au roi Polydectès l’horrible tête de la plus terrifiante des Gorgones, Méduse. Combat homérique, jeux de miroir, sandales ailées, il en faut de la légèreté pour ne pas finir pétrifié !
Image : Edward Burne Jones, Persée recevant ses armes des nymphes (1877)
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Arachné et Galanthis, filles du peuple !
Deux héroïnes, une très célèbre, l’autre non. Elles ne se sont jamais croisées mais se ressemblent. Face aux dieux et déesses, ces puissants qui ne connaissent aucune limite, elles, mortelles, sont tout intelligence, liberté, intégrité. Galanthis les ruse, Arachné les défie, mais elles étaient trop bien pour cette vie : tout est mal qui finit mal pour elles, mais leur souvenir peut luire dans nos nuits.
Image : Alcmène donne naissance à Herakles, Gravure Frederik Bouttats le Jeune (XVIIe)
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Callisto et Orion, deux stars et même plus
Callisto, svelte nymphe, chassait en cohorte, Orion, géant pataud, en solitaire. Funeste, le sort leur réserve de croiser Zeus et Artémis, inconséquents et cruels. De la douleur certes ; les deux mythes, saisissants, se terminent en haute poésie. Mais la poésie répare-t ’elle tout ? Eux aussi luisent dans nos nuits.
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Aristée, le goût de vivre sans fin
Qui est Aristé ? Le dieu dans l’art de cailler le lait et d’élever les abeilles. Croyez-vous en l’immortalité ? Et à la bougonie ? Orphée a-t’il existé ? Hadès était-il asthmatique ? La terre est-elle plate ? Pourrons-nous répondre à la moindre de ces questions en trois quarts d’heure ?
Une aventure et une véritable archéologie des Enfers
Image : Aristée et Protée, par Wenceslaus Hollar (1607)